Personne ne veut lire ton maudit ebook (1/5)

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Partie 1 : Le marketing égocentrique

AVERTISSEMENT

Je sais que ce texte va déranger plusieurs de mes collègues copywriters, coachs d’affaires et marketeurs… mais je suis écoeurée.

Écoeurée de voir des coachs prétendre que tout ce qu’il faut, pour réussir en business, c’est un ebook, une liste de courriels, pis une séquence automatisée.

Écoeurée aussi des coachs de ventes et des copywriters qui prétendent qu’on peut renverser les objections à coups d’arguments culpabilisants. 

Écoeurée, surtout, de rester silencieuse pendant que des entrepreneurs bien intentionnés tombent dans le panneau.

On scroll sur les réseaux sociaux, on lit nos courriels, on surfe sur le web, et c’est partout :

  • Ton ventre est-il assez plat pour la plage?
  • C’est l’équivalent d’un café par jour! 
  • Si tu n’es pas prêt à investir en toi, tu ne réussiras jamais.
  • Le prix augmente dans 5…4…3…2…
  • Est-ce que la santé de tes enfants est vraiment importante pour toi? 

Culpabilisant. Insistant. Suffocant.

Est-ce que c’est vraiment ça, le marketing?

On ne peut pas faire 2 clics sur le web sans que quelqu’un, quelque part, essaie de nous vendre quelque chose en jouant sur notre curiosité maladive, nos désirs enfouis ou nos espoirs secrets.

Aux yeux de 99% des marketeurs, nous ne sommes pas des humains dotés de véritables émotions : nous sommes des leads qu’il faut presser comme des citrons jusqu’à ce que tout le jus soit sorti.

Des « clients potentiels » qu’on évalue en fonction du coût d’acquisition, du taux de conversions, ou du retour sur investissement. 

Des numéros, littéralement. 

Nos clients? Ils détestent ça. 

Nous détestons tous ça. 

Pour le fun, j’ai demandé à mes contacts sur LinkedIn et Facebook de me nommer les pratiques marketing qui les écoeurent le plus. 

Les réponses m’ont rentrée dedans comme un chat dans un sapin de Noël. Les pratiques décriées sont nombreuses… et répandues. 

Le mauvais marketing n’est pas l’exception. C’est la règle. 

Nous avons fait du marketing un irritant, une pollution ambiante à laquelle personne ne peut échapper. 

Je dis « nous » parce que j’y ai participé, moi aussi. 

En tant que copywriter, j’ai rédigé des centaines de textes de vente… et je te mentirais si je te disais que je n’en regrette aucun. 

Je ne suis pas différente des autres. Je l’ai bu longtemps, le Kool Aid.

Moi aussi, j’ai :  

  • Fabriqué de toute pièce un faux sentiment urgence pour mettre la pression et générer plus de ventes ; 
  • Appuyé sciemment sur les peurs des gens, dans l’espoir de les culpabiliser suffisamment pour qu’ils achètent un produit ou un service ; 
  • Fait des promesses irréalistes ou exagérées en sachant très bien que pour 99% des clients, je ne faisais que nourrir des faux espoirs
  • Offert des « aimants à clients » et des « webinaires gratuits » pour ensuite bombarder mes nouveaux leads de courriels de vente non désirés. 

Le pire, c’est que je faisais tout ça en me bouchant le nez. 

Je détestais ça… mais ma tête était pleine d’excuses : 

  • Tout le monde le fait. 
  • Je donne plein de contenu gratuit, il faut bien que je gagne ma vie. 
  • Les gens sont toujours libres d’acheter ou pas, au final! 

Je savais, au fond de moi-même, que je n’étais pas en harmonie avec mes valeurs profondes… Mais je ne faisais rien d’illégal, et j’apportais des résultats à mes clients. 

On ne change pas une recette gagnante, right?

Je les appelle les egopreneurs

Ces entrepreneurs qui, comme Alexandra version 2016, font du marketing en fermant les yeux très forts sur les pratiques qu’ils aiment moins parce que « tout le monde le fait » et que « ça marche ». 

e·go·pre·neur [égoprenër]

Du latin ego, « moi ». Entrepreneur tellement déterminé à réussir qu’il étouffe ses valeurs profondes pour appliquer des stratégies marketing censées garantir le succès.

L’egopreneur est : 

  • Déterminé à réussir.
  • Fier de sa business et de son offre.
  • Convaincu que la solution réside dans les outils et les tactiques marketing. 
  • Perpétuellement à la recherche de la recette, de la méthode ou du système qui va lui permettre de gagner sa vie tout en offrant une solution à ses clients.

C’est important de comprendre que l’egopreneur n’est pas mal intentionné, bien au contraire. Il a un vrai bon produit ou un vrai bon service à offrir et il désire sincèrement améliorer la vie de ses clients. 

Son problème, c’est qu’il regarde dans la mauvaise direction. 

Il pense que parce qu’il est une bonne personne avec un bon produit, tout ce qu’il lui manque pour vendre, ce sont des stratégies marketing.

Ce qu’il ne réalise pas, c’est que les stratégies qui fonctionnaient autrefois — et qui sont encore largement enseignées par une avalanche de coachs, de guides et de gourous — sont en déclin.

La vérité, c’est qu’il n’existe aucune Recette™, aucune Méthode™ et  aucun Système™ magique pour une réussite garantie.

En ce moment, on assiste à un changement de paradigme majeur dans le monde du marketing.

Les consommateurs ont développé un mécanisme de défense naturel qui leur permet d’échapper aux tactiques préconisées par les egopreneurs.

Je le surnomme le détecteur de bullshit.

Découvre cette outil merveilleux dans la

Partie 2: Le détecteur de bullshit

21 commentaires

  • Ha je capote! Tu viens littéralement de mettre des mots sur les sentiments qui m’habitent. De un en temps que consommateurs… je déteste me faire harceler par un flot énorme de courriels, pis me faire vendre une recette miracle dans un Ebook à 9,99$ qui t’apprends absolument rien de nouveau. De deux, je suis moi même entrepreneur et je viens de débuter un blog… et j’ai un conflit de valeur parce que tout le monde te dis que pour réussir faut que tu embarques dans ce bateau… mais je peux pas me résoudre à faire à mes clients ce qui me pue au nez à moi-même 🤷🏻‍♀️

  • Que ça fait du bien à lire. J’ai très à cœur l’environnement (au point d’avoir une maîtrise dans un domaine lié à l’environnement) alors le greenwashing, entre autres, pu capab’. Voir un pro du marketing dire que greenwasher un produit moins pire que la concurrence est suffisant vs créer et vendre un produit vraiment écolo (ce n’était pas dit dans ces termes, mais c’est ce que son propos signifiait), pu capab non plus.
    J’ai hâte de lire la suite de cet article!

    • Ouf! Je n’en parle pas directement dans l’article, mais c’est vrai que le greenwashing est une pratique hyper problématique d’egomarketing. J’espère que tu vas apprécier la suite Lucie!

  • Excellent Alexe! En effet, il ne faut pas prendre les gens pour des cons. Le meilleur marketing est de donner de la valeur et de rester honnête et transparent.

  • Oh mon dieu c’est tellement pertinent, ça explique tellement comment je me sens dans ma vie d’entrepreneurs présentement… Je songe à fermer mon entreprise tellement ce que je vis me déplaît… Hâte de lire la suite

  • Wow hâte de lire la suite ! Je partage à 100 % cette vision, marre du martelage de produits et solutions miracles qui vont nous sauver la vie. Ça marche encore ça sérieux ?

  • Merci pour cet article ! C’est un soulagement de lire ton point de vue sur le fait d’être honnête en marketing et en accord avec ses valeurs. Je travaille justement sur ma stratégie marketing et j’ai trop souvent l’impression d’être “naïve” de croire que cela peut fonctionner avec transparence, à contre-courant du discours des gourous dans la place.

  • J’ai une question. Chaque année, je fais ma mise à niveau de prix pour suivre le prix du marché et de mes fournisseurs. Cette année, elle a été plus grosse que d’habitude et j’ai pris la peine d’en aviser mes clients. Ce n’était pas une stratégie, mais juste pour être transparante avec eux. En plus, j’ai attendu après mon gros boom de l’année.

    Est-ce que c’est mal dans ces circonstances d’annoncer son augmentation? Je n’ai même pas fait cela comme une stratégie, mais j’avoues que là, tu me fais douter. 🤔

    P. S. J’adore ton analogie du chat dans levsapin😂